Plus de 5000 personnes ont pu profiter du premier « Hip-Hop Generation 80 Brussels 2022 » : ce que cela révèle de l’évolution du mouvement
Un tournant historique pour Schaerbeek

Du 30 juin au 3 juillet 2022, le Parc Josaphat a vibré au rythme du festival Hip-Hop Generation 80 Brussels. Avec plus de 5 000 participants, cette première édition ne s’est pas contentée de célébrer une musique : elle a érigé le hip-hop belge en véritable capital immatériel. Entre l’Expo des Pionniers retraçant l’héritage de 1980 et des compétitions de breakdance de niveau international, l’événement a prouvé que la culture urbaine est aujourd’hui le principal levier de cohésion sociale et de diversité au cœur de l’Europe.
Pourquoi ce festival est plus qu’un simple événement ?

Quand j’ai lancé l’idée de ce festival à Schaerbeek, mon ambition dépassait le cadre d’un simple divertissement estival. Je voulais démontrer que le hip-hop belge possède une épaisseur historique qui mérite d’être préservée et transmise.
Pendant quatre jours, j’ai vu la sensation de joie et de plaisir devenir palpable. Ce festival a été conçu comme un pont : une main tendue entre les pionniers qui ont découvert cette culture sans Internet dans les années 80 et la nouvelle génération qui la porte aujourd’hui vers les sommets institutionnels. Ce que nous avons vécu au Parc Josaphat, c’est l’affirmation que les valeurs d’égalité des chances et de respect ne sont pas des slogans, mais l’ADN même de notre mouvement.
Une immersion entre archives et performance

Le succès de cette édition repose sur une programmation qui refuse la superficialité, en s’appuyant sur les piliers fondamentaux de la culture :
- L’Expo des Pionniers : Un moment inclusif et créatif essentiel pour comprendre nos racines. Revenir en 1980, c’est comprendre comment une contre-culture est née de la nécessité de s’exprimer.
- La Danse et le Break : Des performances de haut vol, notamment avec les jeunes du Karys Dance Center et des battles mémorables qui ont captivé un public intergénérationnel.
- La Transmission par l’image et le son : À travers les showcases de la Waku Family ou les interviews du rappeur Mehdi, nous avons documenté l’instant pour nourrir la mémoire collective.
Du « bruit de rue » au patrimoine national : un impact socio-politique

Le hip-hop, initialement perçu comme une pratique marginale, est devenu aujourd’hui l’activité culturelle gratuite la plus fédératrice des quartiers populaires. En organisant cet événement, j’ai voulu souligner cette transition vers la reconnaissance.
La présence et le soutien d’institutions comme le Cabinet du Ministre-Président Rudi Vervoort, la Cocof et la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas seulement des appuis logistiques ; c’est le signe que le hip-hop est enfin reconnu comme une discipline majeure, capable de mobiliser les communautés nationales et internationales. Cette participation est désormais gravée dans notre travail de mémoire.
Ce que cela révèle de l’évolution du Hip-Hop Generation 80 Brussels 2022

Le succès de « Hip-Hop Generation Brussels 2022 » marque une étape : le passage de la survie à la transmission. Le mouvement est passé de la rue aux institutions sans perdre son âme. Le défi de demain ? Continuer à préserver ce capital immatériel face à la récupération commerciale, en gardant l’humain et l’histoire au centre du projet.

Ce festival n’était pas une fin en soi, mais le premier chapitre d’une nouvelle ère pour la culture urbaine à Bruxelles. Je vous donne rendez-vous pour la prochaine édition.
